Lidocaïne

La lidocaïne est le chef de fil des anesthésiques locaux du groupe des amino-amides (versus groupe des amino-esters).
Elle agit par blocage des canaux sodiques ce qui bloque la conduction nerveuse (effet anesthésique) et qui explique son effet anti-arythmique cardiaque (anti-arythmique de la classe 1b de Vaughan-Williams).
Elle fait partie de la liste de médicament essentiel de l’organisation mondiale de la santé.
Elle s’utilise par infiltration, en gel, en topique (goutte oculaire, pulvérisation, comprimés antalgiques ORL), en crème, en emplâtre (Versatis).

Utilisation :

– Chirurgie superficielle de petite surface en infiltration
– En gel par exemple pour un sondage urinaire
– En emplâtre dans le traitement des douleurs post zostérienne
– En pastille pour les maux de gorge
– En crème sur la peau en prévention des douleurs induites par une prise de sang
– En bloc nerveux ou en bloc locorégional pour une anesthésie plus étendue
– Elle s’utilise également de plus en plus rarement comme anti arythmique cardiaque notamment dans la prévention de la fibrillation ventriculaire post infarctus du myocarde.

De manière générale son utilisation en infiltration ne doit pas dépasser 200 mg ou  en anesthésie par bloc nerveux la dose 400 mg. L’administration de petite dose d’adrénaline peut diminuer le passage de la lidocaïne dans le sang. Cette forme adrénalinée ne doit pas être utilisé aux extrémitées (risque d’ischémie).

Elle est utilisée en perfusion par certaines équipes dans le traitement de la fibromyalgie sous surveillance rythme cardiaque, et parfois dans certaines douleurs neuropathiques.

Contre-indications :

– Hypersensibilité connue au chlorhydrate de lidocaïne, aux anesthésiques locaux à liaison amide ou à l’un des excipients.
– Patients atteints de porphyries récurrentes.
– Administration par voie intraveineuse aux concentrations supérieures à 5 mg/ml.
– Administration par voie intraveineuse chez l’enfant âgé de moins de 5 ans.

Effets secondaires :

La survenue d’un effet indésirable doit faire suspecter un surdosage.
Les réactions toxiques, témoins d’un surdosage en anesthésique local, peuvent apparaître dans deux conditions :
– soit immédiatement par un surdosage relatif dû à un passage intraveineux accidentel,
– soit plus tardivement par un surdosage vrai dû à l’utilisation d’une trop grande quantité d’anesthésique. Ces réactions toxiques sont  cardiovasculaires et neurologiques.
Les réactions cardiovasculaires  se manifestent par :
– une hypotension,
– une dépression myocardique,
– une bradycardie (effet antiarythmique), voir un arrêt cardiaque.
Les premiers symptômes de toxicité neurologiques sont :
– des sensations d’étourdissement,
– un engourdissement des lèvres et de la langue,
– une sensation de gout métallique dans la bouche, des bourdonnements d’oreille,
– un dysfonctionnement de l’audition et une dysarthrie.
– D’autres symptômes subjectifs du SNC comportent une désorientation et des sensations de somnolence.

Les signes objectifs de toxicité du SNC sont généralement excitateurs et comprennent frissons, contractions musculaires et tremblements impliquant au départ les muscles du visage et les parties distales des extrémités. Finalement, des convulsions généralisées  apparaissent.

Si une dose très importante est administrée, les premiers signes d’excitation du SNC (activité épileptoïde) sont rapidement suivis d’une dépression généralisée du SNC (dépression respiratoire puis arrêt respiratoire).
Les réactions allergiques sont extrêmement rares. Elles peuvent être caractérisées par des lésions cutanées, de l’urticaire, un œdème ou des réactions anaphylactoïdes.

Traitement du surdosage :

– En cas de convulsions un traitement par benzodiazépines d’action rapide (midazolam, diazépam) est nécessaire.
– En cas d’arrêt respiratoire et/ou cardiaque, une intubation et une ventilation sont nécessaires associée si besoin à des amines pressives.