Neuropathies diabétiques

Neuropathies diabétiques.

La fréquence de la neuropathie diabétique est de plus de 50 % chez les patients atteints de diabète depuis plus de 25 ans. On estime à 100 000 000 le nombre de patients ayant une neuropathie diabétique dans le monde. Au moment du diagnostic de diabète 7,5 % des patients sont atteints d’une neuropathie diabétique.
Le neuropathie diabétique à son début est discrète et n’est pas forcément détectée par les examens médicaux standards. Il existe 5 mécanismes essentielles de formations de neuropathies diabétiques :

Classification des neuropathies diabétiques :

Formes asymétriques, focales et multifocales.

Neuropathies craniennes.

– Atteinte par ordre de fréquence des nerfs oculumoteurs III et VI, puis le nerf facial VII
– L’atteinte du III se manifeste par une diplopie (voir double) et un ptosis (paupière qui tombe)
– L’atteinte du VI se manifeste par une diplopie.
– Les atteintes oculomotrices sont précédées d’une douleur orbitaire et periorbitaire dont l’étiologie est peu claire.
– Dans 50 % des cas les atteintes des nerfs oculaires sont douloureuses.
L’évolution se fait vers la guérison spontanée en 4 à 6 mois.

Mononeuropathies du tronc et des membres.

– Les mononeuropathies (atteinte d’un seul nerf) se voient dans les zones de rétrécissement de passage des nerfs : nerf médian dans le canal carpien, nerf cubital au coude, nerf radial dans la gouttière humérale, nerf péronier au col du péroné, le nerf fémoro-cutanée à l’aile iliaque. Ces atteintes nerveuses sont liées à une sensibilité des nerfs à la pression chez les diabétiques.
– Des neuropathies ischémiques sont également décrites chez le diabétique évoluant comme l’atteinte oculaire par une phase douloureuse brutale puis évolution vers la guérison en quelques mois. Les nerfs les plus souvent atteints sont le nerf fémorocutanée, le nerf fémorale, le nerf cubital, le nerf médian, le nerf radial.
– De même on peut retrouver des atteintes similaires au niveau du tronc. On retrouve une atteinte en hémiceinture la plupart du temps avec une zone hyperéthésique et une protusion de la cavité abdominale si un nerf de la région est atteint. Le processus initial est probablement ichémiques. L’évolution vers la guérison est également la règle.

Atteinte du plexus lombosacré.

Survient typiquement chez un homme de plus de 50 ans avec un diabète de type 1 ou 2. La durée d’évolution du diabète n’intervient pas. Le début est aigue avec des douleurs violentes de la racine des membres parfois associées à une atteinte périnéale et lombaire. Un déficit moteur apparait ensuite pouvant s’aggraver pendant plusieurs semaines avec une atteinte de tous les membres inférieurs. Les muscles les plus touchés ont le muscle psoas, le muscle quadriceps et les ischio-jambiers. Ces muscles vont progressivement s’atrophier.
L’évolution est variable. La douleur disparait en premier. La guérison sans séquelles survient dans 70 % des cas, elle se fait sur plusieurs mois. Le traitement par corticoïdes peut parfois fonctionner (attention à l’équilibre de la glycémie). Un passage sous insuline pour un diabétique de type 2 peut parfois écourter l’évolution.Un traitement symptomatique des douleurs est à prévoir ( cf traitement de la douleur neuropathique)

 Formes symétriques.

Polyneuropathie sensitive ou sensitivomotrice distale symétrique.

C’est la plus fréquente et est favorisée par la durée du désordre glycémique.
Atteinte initiale des petites fibres en distalité entraînant des parésthésies des pieds en chaussette et pouvant s’étendre vers le haut selon la progression d’une atteinte neurologique longueur dépendante. Une atteinte musculaire peut suivre entrainant une amyotrophie  souvent en distalité..(pieds, mains).
L’atteinte des petites fibres peut également engendrés une atteinte du système nerveux autonomes ( cf description)

Neuropathie proximale motrice.

Elle est très rare. Il existe une amyotrophie (fonte musculaire) symétrique de la racine des membres. Le diagnostique se fait à l’électromyogramme. Le traitement utilise des médications immunomodulatrices (corticoïdes, immunoglobulines, échanges plasmatiques).

Le traitement de la douleur.

Les atteintes neuropathiques dans le diabète sont souvent douloureuses.
Le traitement est celui de toute neuropathie douloureuse ( cf traitement), cependant certaines études retrouvent un soulagement obtenu par les anti inflammatoires non stéroïdiens type Ibuprofène. Ce dernier pourra être essayé avec la prudence qui s’impose chez le diabétique : l’insuffisance rénale.

Pour des informations complémentaires le site de l’association françaises des diabétiques.